
Une Française à Madère
J’aime beaucoup aller à Câmara de Lobos, et j’aime à l’appeler affectueusement le village des irréductibles…
Que dire de Câmara de Lobos ?
Voilà pour le copié-collé que vous trouverez sur tous les sites touristiques/blogs sur Câmara de Lobos.
Pour ma part, Câmara de Lobos me fait penser à un village de la pointe de la Bretagne… Non, non, je ne suis pas complètement folle, je sais que la météo est grandement différente, que la culture et la langue sont bien éloignées, mais l’esprit authentique, lui, est là.
Un village d’irréductibles reste un village d’irréductibles, qu’il soit gaulois ou portugais.
Quand vous vous promenez dans les rues de Câmara de Lobos, vous croisez des petits groupes d’hommes qui jouent aux dés, dont le gagnant empoche les gains sous la forme d’une bière fraîche prise au café d’en face.
Des anciens, attablés, jouent aux cartes, des chiens dorment au milieu des ruelles, des femmes étendent leur linge dans leur courette, discutant bruyamment avec leur voisine.
Des enfants courent et jouent sur l’esplanade centrale, vous éviter n’est pas leur priorité, et ils ont bien raison.
Câmara de Lobos n’est pas un village fabriqué pour les touristes, c’est un village où le travail est dur… Peut-être que c’est son authenticité, la simplicité et le naturel (certains diront la rudesse) de ses habitants qui en ont fait un lieu où on aime aller.
C’est aussi, et comme souvent sur l´île, un endroit où la vue est magnifique.
La légende raconte que c’est ici que sont nées la poncha et le Nikita. La poncha, un cocktail terrible à base de rhum agricole de Madère, de citron, et de miel (ou de sucre). Un genre de potion magique dont les effets sont assez forts.
Câmara de Lobos est réputé pour sa vie nocturne avec ses nombreux bars à ponchas. De nombreux habitants de Funchal et alentours aiment y venir festoyer le week-end.
Le village est réputé pour ses fruits de mer, ses poissons, mais aussi ses délicieuses brochettes de viande (espetadas).
Le Nikita, plus doux, est un cocktail que j’appelle “à boire et à manger”. Mélange de glace à la vanille, jus et tranches d’ananas, sucre, bière et/ou vin blanc. Moins fort que la poncha, il faut cependant se méfier du nikita, si la chaleur et le soleil vous accompagnent en terrasse. Ce qui comme on le voit sur la photo n’était pas le cas (aïe aïe aïe).
Le village fait un gros travail d’éco-citoyenneté sur le recyclage des déchets, et des oeuvres faites de canettes usagées sont nées de ce projet. C’est un vrai plaisir de se perdre dans les rues et de les découvrir, avec leurs messages, parfois très francs.
L’oeuvre principale la plus admirée est sans doute celle de l’artiste Bordalo II, un bébé phoque lui aussi fabriqué avec des matières recyclées.
En résumé, je conseillerais vivement à ceux qui ont envie d’authenticité d’aller passer quelques heures à Câmara de Lobos. Entre les paysages magnifiques, les bars à découvrir, la nourriture à tester, le street-art, on en repart gonflé à bloc.
Si l’envie vous prend de découvrir cet endroit, voici une carte qui vous aidera à situer Câmara de Lobos.
Expatriée à Madère pour vivre avec mon compagnon Madérien, je suis heureuse de vous faire découvrir l’île du printemps éternel.